Aussi appelé
- Herbe
- Weed
- Beuh
- Shit
- Résine
- Joint
- Pétard
Ce que c'est
Le cannabis contient plusieurs dizaines de molécules actives. La principale, le THC (tétrahydrocannabinol), est responsable des effets psychoactifs recherchés.
Le THC se fixe sur les récepteurs du système endocannabinoïde, un système de régulation présent dans tout le cerveau. Ces récepteurs sont particulièrement denses dans les régions qui gèrent la mémoire, l'apprentissage, la motivation et le contrôle de soi — c'est-à-dire précisément les régions qui achèvent leur maturation entre 15 et 25 ans.
C'est là que se joue la différence entre un adulte et un adolescent : le cerveau d'un jeune n'est pas un cerveau d'adulte en plus petit, c'est un cerveau en chantier. Une substance qui vient perturber ce chantier ne produit pas les mêmes effets à 15 ans qu'à 40.
Un produit qui a changé
La teneur moyenne en THC des résines et des herbes qui circulent en Europe a considérablement augmenté depuis les années 2000. À quantité égale, un joint d'aujourd'hui n'a plus grand-chose à voir avec celui dont parlent parfois les adultes en minimisant. Les formes très concentrées, elles, sont encore plus éloignées de cette référence.
Cette évolution explique en partie l'augmentation des demandes de prise en charge et des passages aux urgences liés au cannabis.
Les risques
À court terme
- Altération de la mémoire immédiate, de l'attention et du temps de réaction
- Anxiété, attaques de panique, sensation de perte de contrôle
- Épisodes de confusion ou de délire, notamment avec les produits très concentrés
- Risque au volant nettement accru — et multiplié lorsque le cannabis est associé à l'alcool
À moyen et long terme
- Difficultés d'apprentissage et de concentration qui persistent au-delà de l'effet du produit
- Perte de motivation, désinvestissement scolaire, décrochage
- Dépendance : le risque est nettement plus élevé lorsque la consommation débute à l'adolescence
- Risque augmenté de troubles psychotiques, en particulier chez les personnes prédisposées et avec les produits à forte teneur en THC
- Troubles anxieux et dépressifs
- Atteintes respiratoires liées à la combustion, souvent aggravées par le mélange avec le tabac
Ce qu'on entend souvent
« C'est naturel, donc ce n'est pas dangereux. »
Le tabac aussi est une plante. « Naturel » ne dit rien du risque : cela dit seulement d'où vient le produit, pas ce qu'il fait au cerveau.
Signaux d'alerte
Aucun de ces signes ne prouve quoi que ce soit isolément. C'est leur accumulation, et surtout leur apparition simultanée, qui doit faire poser la question.
- Yeux rouges, pupilles dilatées, odeur persistante sur les vêtements
- Chute des résultats scolaires, absences répétées, devoirs abandonnés
- Perte d'intérêt pour des activités ou un sport pratiqués depuis longtemps
- Irritabilité inhabituelle, repli sur soi, changement brutal de groupe d'amis
- Besoin d'argent inexpliqué, petits objets qui disparaissent
- Troubles du sommeil, réveils difficiles, somnolence en journée
Que faire
Ne pas ouvrir la conversation par une accusation. Un adolescent qui se sent piégé se ferme, et la porte reste fermée longtemps.
Parlez de ce que vous observez, pas de ce que vous supposez : « je te vois fatigué en ce moment », « tes notes ont baissé, qu'est-ce qui se passe ». Ce sont des constats, pas des verdicts.
Ne restez pas seul. Le médecin traitant, l'infirmière scolaire et les Consultations Jeunes Consommateurs (CJC) sont là pour ça. Les CJC sont gratuites, anonymes, réparties partout en France, et accueillent aussi bien le jeune que ses parents — y compris quand le jeune refuse de venir.
Drogues Info Service — 0 800 23 13 13, gratuit et anonyme, 7 jours sur 7.
Sources
- OFDT — Observatoire français des drogues et des tendances addictives
- EUDA — Rapport européen sur les drogues
- Drogues Info Service
Fiche mise à jour le .
