Aussi appelé
- Fentanyl
- Nitazènes
- Isotonitazène
- Faux Xanax
- Faux Oxycodone
Ce que c'est
Les opioïdes de synthèse sont des molécules fabriquées en laboratoire qui agissent sur les mêmes récepteurs que la morphine, mais avec une puissance sans commune mesure.
Le fentanyl est de l'ordre de cinquante à cent fois plus puissant que la morphine. Certains nitazènes, apparus plus récemment sur le marché européen, le sont davantage encore.
À ces niveaux de puissance, l'unité de mesure n'est plus le milligramme mais le microgramme. Un écart de quelques grains, invisible, sépare un effet d'un arrêt respiratoire.
Le vrai danger : ne pas savoir
L'essentiel des drames ne concerne pas des personnes qui cherchaient ces molécules. Il concerne des personnes qui ignoraient en avoir consommé.
Ces produits servent en effet d'adultérants. On les retrouve dans :
- de faux médicaments achetés en ligne ou sur les réseaux sociaux — anxiolytiques, antidouleurs, comprimés au nom d'une marque connue
- de l'héroïne ou d'autres poudres vendues sous une autre appellation
- des mélanges dont ni le vendeur ni l'acheteur ne connaissent la composition
Un comprimé peut ressembler exactement à un médicament de pharmacie, logo compris. Le matériel de contrefaçon est bon marché ; la molécule à l'intérieur, elle, n'a rien à voir.
Il n'existe aucun achat sûr de médicament hors du circuit pharmaceutique.
Les risques
Le risque principal : la dépression respiratoire
Les opioïdes ralentissent la respiration. À forte dose, ils l'arrêtent. La personne ne se débat pas, ne crie pas : elle s'endort et cesse de respirer. C'est silencieux, et c'est très rapide.
Signes d'une overdose — reconnaître en quelques secondes
- Somnolence extrême, personne impossible à réveiller
- Pupilles réduites à une tête d'épingle
- Respiration lente, irrégulière, bruyante — ou absente
- Lèvres, ongles ou visage bleutés ou grisâtres
- Corps mou, peau froide et moite
Autres risques
- Dépendance qui s'installe en très peu de temps
- Syndrome de sevrage sévère
- Risque considérablement augmenté en association avec l'alcool, les benzodiazépines ou d'autres dépresseurs
Signaux d'alerte
Aucun de ces signes ne prouve quoi que ce soit isolément. C'est leur accumulation, et surtout leur apparition simultanée, qui doit faire poser la question.
- Comprimés achetés en ligne, sur un réseau social ou une messagerie chiffrée
- Médicaments en dehors de leur boîte d'origine, sans ordonnance
- Somnolence inhabituelle, phases d'assoupissement en pleine journée
- Pupilles anormalement petites
- Isolement soudain, absence de réponse pendant plusieurs heures
- Poudres ou sachets, petites balances de précision
Que faire
En cas de suspicion d'overdose
- Appelez immédiatement le 15 ou le 112. Chaque minute compte.
- Administrez de la naloxone si vous en disposez. C'est l'antidote des opioïdes : elle rétablit la respiration en quelques minutes. Elle est disponible en pharmacie en France, sans ordonnance, sous forme de spray nasal. Elle est sans danger même en cas d'erreur de diagnostic.
- Placez la personne en position latérale de sécurité et restez auprès d'elle jusqu'à l'arrivée des secours.
- Une seule dose de naloxone peut ne pas suffire : l'effet de l'opioïde peut durer plus longtemps que celui de l'antidote. Ne laissez jamais la personne seule.
Le message de prévention essentiel
Ne consommez jamais un médicament qui ne vient pas d'une pharmacie. Aucun comprimé acheté en ligne n'offre la moindre garantie sur ce qu'il contient, quelle que soit sa ressemblance avec l'original.
Drogues Info Service — 0 800 23 13 13.
Sources
- EUDA — Rapport européen sur les drogues
- ANSM — Naloxone et prévention des overdoses
- OFDT — Nouveaux produits de synthèse
Fiche mise à jour le .
